2) Des techniques d'extraction variées

Grace au progrès de la chimie, les differentes techniques d'extraction des especes chimiques contituant une odeur se sont multipliés au cours des siècles. Des premières techniques de distillation à la chimie de synthèse, chaque procédé est adapté à un type de matière première dans la quête de son essence.

             Expression

Seule l'écorce des hespéridés est suffisamment riche pour pouvoir en exprimer simplement les essences naturelles. Séparée du fruit, l'écorce est percée de petits trous et pressée mécaniquement.
L'extrait obtenu est décanté puis filtré sur du papier mouillé, pour séparer les parties aqueuses des huiles essentielles.
Ce traitement à froid convient particulièrement bien aux oranges, citrons et autres pamplemousses dont l'odeur très fraîche ne résisterait pas à la chaleur.

            Distillation

La distillation consiste à séparer par évaporation les solides et les différents constituants volatils d'un mélange. On chauffe un mélange d'eau et de végétaux odoriférants.
La vapeur d'eau entraîne les éléments odorants dans la colonne de distillation avant d'être refroidie puis recueillie dans un vase florentin ou un essencier.
Par décantation, l'eau se sépare des éléments odorants, qui sont alors récoltés et nommés "essences".


            Extraction

L'extraction par solvants : mis en contact avec des végétaux, un solvant se gorge de corps odorants.
Traditionnellement, cette méthode, baptisée enfleurage, était pratiquée à froid sur des corps gras. On obtenait ainsi des pommades ou des huiles odorantes.
La graisse est aujourd'hui remplacée par des solvants volatils (éthanol, méthanol, hexane, toluène, butane ou dioxyde de carbone) que l'on chauffe.
Ces solvants sont ensuite éliminés par évaporation. On isole ainsi une matière cireuse : la concrète. Mélangée à de l'alcool, chauffée puis refroidie, la concrète est purifiée des composés végétaux et des cires qu'elle contient. Une fois l'alcool éliminé par évaporation, reste l'absolu.


            Enfleurage

L'enfleurage à froid, le plus ancien des procédés, est aujourd'hui presque totalement abandonné. Il était utilisé pour l'extraction de fleurs fragiles comme les fleurs d'oranger, le jasmin ou les tubéreuses.
Les pétales, ramassés à la main, étaient déposés en fine couche sur une pellicule de graisse animale répandue sur une plaque de verre, appelée châssis.
Toutes les 24 ou 48 heures (72 heures pour la tubéreuse), on enlevait minutieusement les pétales. On renouvelait plusieurs fois ces opérations, jusqu'à saturation des graisses. Cet enfleurage terminé, la pommade chargée d'odeur était raclée, puis lavée à l'esprit de vin pour obtenir des infusions.

           

D'autres techniques plus récentes se detachent plus des precendentes.

               Softact

Le Softact® ou extraction par CO2 : placé sous pression à une température inférieure à 40°C, le CO2 passe au stade supercritique, c'est-à-dire liquide. Il acquiert les qualités d'un solvant, alliées à la fluidité d'un gaz.
Grâce au Softact®, on peut obtenir des extraits d'une qualité olfactive et d'une pureté sans égales, sans aucune trace de solvant, non soumis à de hautes températures : on peut parler d'extraction douce.
Le CO2 permet d'extraire des substances odorantes peu volatiles, celles que dégagent les épices, par exemple, et plus généralement les matières premières sèches, récalcitrantes aux techniques d'extraction traditionnelles. Le CO2, recyclé à l'intérieur du système, ne pollue pas : c'est un gaz totalement inoffensif que l'on peut relâcher sans risque dans l'atmosphère.Molécule de Synthèse

Lorsqu'une molécule nouvelle a été sélectionnée — à l'issue d'une ou plusieurs années de recherche — les techniques les plus sophistiquées sont mises en œuvre pour parvenir à la produire, pure, stable, en grande quantité.
L'ensemble du processus de fabrication est plus ou moins long, plus ou moins complexe. Il fait chaque fois l'objet d'une étude sur mesure. Pour obtenir, par exemple, du POLYWOOD à partir du géraniol pur, on effectue une suite d'opérations : (chlorations, distillations, cyclisations, hydrogénations, et autres estérifications)...
Au total 6 mois de transformations avant d'obtenir la matière première sous une forme utilisable. La complexité de chaque réaction chimique ainsi que le nombre d'étapes successives influent sensiblement sur le coût d'une matière première et sur les temps de fabrication... C'est toute la chaîne de production qu'il convient donc d'optimiser.


                   Nature Print

La nature est une source d'inspiration inépuisable. Scientifiques et parfumeurs mettent en œuvre leur créativité et leur curiosité pour identifier de nouvelles sources : une fleur rare au parfum exquis, un fruit fraîchement cueilli, une épice de l'autre bout du monde.
Ces odeurs vivantes sont souvent inimitables, éphémères. L'échantillon une fois choisi, il faut en capturer l'odeur.

Les scientifiques utilisent la technique d'analyse du Nature Print®. Pour capter une odeur, différents extraits sont soigneusement sélectionnés et évalués au moyen de la chromatographie gazeuse et de la spectrographie de masse.
Grâce au Nature Print®, on peut alors reconstruire la finesse et la complexité d'une odeur pour être au plus près de la nature. Le Nature Print® est à la parfumerie ce que la photographie est à l'illustration.





 

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